Société Nationale des Québécois

Discours du Patriote Roger Paquin, récipiendaire du prix de La Rose de Larochelle

Soirée du patriote 2015, 27 novembre 2015

Mesdames et messieurs, distingués invités venus partager avec moi les belles émotions de cette rencontre, je veux profiter de la présente occasion pour vous exprimer le fond de ma pensée sur quelques enjeux que je considère cruciaux. L’exercice est périlleux : que voulez-vous, je demeure indécrottablement un intellectuel! Et vous me connaissez! Je pourrais palabrer bien longuement sur chacun des sujets! Mais, je pourrais aussi m’étrangler dans les émotions et m’y embourber… Pour ces raisons, afin de ne rien oublier d’essentiel, de rester clair mais concis, et de respecter le temps qui m’est imparti, contrairement à mes habitudes, il m’est paru prudent de rédiger les présentes notes. Je les rends volontiers disponibles pour les intéressés. Alors, je plonge…

Dignitaires qui m’honorez de votre présence,
Chère Christine,
Chers Nicolas-Mallik, Paul-André, François-Xavier,
Chère Annie-Christine
Cher Louis-Philippe
Chers membres de la famille,
Vous que je chéris,
Et précieux amis que j’affectionne énormément,
 
Vous toutes et tous, je vous salue chaleureusement. Je vous remercie d’être là ce soir, à mes côtés, chers patriotes, ou compatriotes, si vous préférez, pour partager avec moi cet hommage et y prendre la part qui vous revient.
 
À cet égard, il faut dire qu’à l’origine, « patriote » avait à peu près le sens actuel de « compatriote ». C’était appartenir à la population d’un territoire donné et être engagé envers elle. De même, « citoyen » faisait référence au village, à la cité. Puis, comme il y a eu les « concitoyens » pour désigner ceux qui ensemble composaient la cité, on a créé le « compatriote » pour désigner ceux qui ensemble constituent la patrie. Incidemment, « patrie » signifie étymologiquement : le « pays des pères ». Alors pourquoi dit-on « la mère Patrie »? J’aime croire que c’est parce que ce sont autant les contributions des femmes que celles des hommes engagés qui créent la grandeur de leur patrie. En tous cas, il faut constater que le mot « patriote » est à la fois féminin et masculin. Et à mes yeux, vous en êtes tous!
 
Pourquoi avez-vous choisi de m’honorer spécifiquement à ce titre – et pourquoi cette année? Quels sont donc les bons coups que vous m’attribuez et qui valent à vos yeux de me mériter l’insigne honneur de m’attribuer la Rose de Larochelle? Dans notre culture, on est plus enclin à l’auto-flagellation qu’à l’autocongratulation! Mes « coches mal taillées » viennent plus vite à mon esprit que mes réussites! Votre décision m’a donc donné l’occasion d’une rétrospection positive sur mes engagements passés et actuels dont je suis fier.
 
Comme beaucoup de Québécoises et de Québécois, je suis inconfortable avec la gloire et mal à l’aise d’exposer mes réussites. Quand nous devons reconnaître un succès, ou pire, en énumérer quelques uns, nous sentons aussitôt que notre fierté se pervertit en orgueil, en vantardise, en vanité. Je renonce donc à explorer ici ce que je considère mes bons coups – ce qui m’évite en même temps d’avouer mes gaffes –, surtout qu’en plus de m’exposer aux risques de la fatuité, l’exercice aurait sans doute constitué pour vous une litanie à la fois nostalgique et ennuyante. J’accepte donc tout simplement votre décision sans trop réfléchir à vos motifs. J’interprète que vous m’aimez bien et ça suffit à me faire bien chaud au cœur!
 
N’empêche que cet examen de conscience forcé m’a permis de réfléchir à mes convictions et d’identifier quelques constations. Premièrement, j’ai toujours trouvé beaucoup de satisfaction dans l’aide à autrui. Deuxièmement, il y a bien peu de choses que j’aie faites seul; le mérite de mes réussites revient le plus souvent à plusieurs personnes, et la gloire, s’il en découle, devrait toujours rejaillir sur plus d’une. Troisièmement, c’est vrai qu’on ne peut pas sauver tout le monde tout le temps, mais le plus souvent, on peut épauler quelqu’un et contribuer en cette occasion à faire la différence pour lui. On peut mettre l’épaule à la roue. Si on ne le fait pas, qui le fera? Je vis beaucoup mieux avec le regret d’un échec qu’avec le remord de ne pas avoir essayé!
 
« Aime ton prochain comme toi-même ». À mes yeux, ceci n’est pas surtout un commandement religieux, mais bien une nécessité biologique. Aider l’autre, collaborer avec autrui, s’investir dans le groupe, c’est essentiel à notre survie individuelle et collective. Si l’être humain a survécu jusqu’à nos jours, ce n’est pas parce qu’il court vite ou qu’il nage bien. Il vole moins bien qu’une poule et il n’a aucun talent pour fouir. Si notre espèce a survécu jusqu’ici, si elle a prospéré, c’est dans la mesure où il y a eu collaboration et investissement des talents spécifiques des individus en synergie des uns et des autres. Dans l’épopée qui nous a mené de la chasse et de la cueillette jusqu’au Village global et à l’échappée cosmique, l’Homme doit son succès au développement des talents individuels les plus variés, à la mise en commun de ses savoirs, à sa capacité de les cumuler et de les transmettre de génération en génération. L’essentiel de la réussite humaine passe donc par l’engagement de soi, par la solidarité et par l’éducation.
 
Tous les aspects pertinents à la survie des diverses espèces sont inscrits dans leur génétique et sont modulés par les comportements qu’elles adoptent. Si elles ne s’y conforment pas, c’est l’extinction qui les attend. En contrepartie, la nature a prévu des récompenses pour les individus qui favorisent la survie de leur espèce. L’orgasme n’est-il pas le commanditaire irremplaçable de la reproduction? De même, quand nous savons que nous avons agi correctement, nous éprouvons de la joie. La satisfaction du devoir bien rempli se traduit chez chacun par le sentiment d’accomplissement de soi. Ce bonheur est le salaire de l’effort, c’est le plaisir de chercher, la joie d’apprendre, l’ivresse de la découverte, la fierté de s’être engagé de façon constructive pour une noble cause, la chaleur de la fraternité dans l’exercice de la solidarité, autant que plaisir intense de se sentir utile en transmettant un savoir. Le désœuvrement et le désengagement, le repli sur soi et l’égoïsme, l’ignorance de l’autre et la haine, sont délétères pour la joie de vivre individuelle et ils constituent les grands périls de la survie de notre espèce.
 
Avec de telles convictions, vous comprenez pourquoi je suis si curieux, pourquoi j’accorde tant de valeur à la compréhension de la nature, du monde et des gens, au développement de la personne, à l’esprit fraternel, à l’engagement et à la solidarité. Comme adulte, le premier terreau où je cultive tout cela, c’est la famille que Christine et moi avons fondée ensemble et qui nous est si précieuse, au sein de laquelle je m’efforce d’être le mieux possible à la hauteur de cet être humain d’exception qu’est ma conjointe. Du plus profond de moi-même, je m’applique à être bon époux et bon père, bon exemple et bon support, en transmettant avec elle à nos fils adorés, le meilleur de l’esprit des familles dont nous sommes issus, et dont nous chérissons tant chacun des membres.
 
Cela explique aussi pourquoi je suis un biologiste en quête de la connaissance de l’environnement et engagé à la promotion du développement durable. C’est pour cela que, pour toutes les questions d’importance, je préconise que l’on prenne concomitamment en compte le meilleur intérêt social, le meilleur intérêt environnemental et le meilleur intérêt économique, et de préférence dans cet ordre.
 
On comprend aussi pourquoi je suis devenu professeur, éducateur, « passeur de flambeau », si préoccupé de préparer la relève et de lui faire de la place. Transmettre des connaissances aux générations montantes est utile certes, mais cela ne suffit pas. Compte tenu de la vitesse de leur constante évolution, il faut garder bien en vue que les savoirs sont vite périmés de nos jours. L’instructeur doit donc laisser la place au formateur, l’enseignant, céder le pas à l’éducateur. Il doit éveiller la curiosité, inciter à la rigueur, initier à la passion de la découverte et du savoir, multiplier pour ses élèves ou ses étudiants, les occasions de savourer les satisfactions de l’engagement et du travail bien fait. Ouverts plus que jamais à notre monde sur-stimulant et inscrits dans la mutation permanente qui le caractérise, nos jeunes ont un impérieux besoin de repères et d’outils d’adaptation. En conséquence, il faut soutenir le développement de leur aptitude à un bon jugement, et pour cela, les aider à cultiver leurs capacités d’analyse, de synthèse et de critique. Plus que jamais, il convient de les accompagner dans la définition de leur identité tout en étant bien au fait des valeurs des autres groupes humains; ils pourront ainsi être confortables dans l’affirmation sereine leur identité en tout respect des différences culturelles.
 
Je n’occulterai pas que je suis aussi un militant politique, que je crois en la pertinence de nos institutions et en la nécessité de l’engagement citoyen. Comme certains font leur service militaire ou d’autres exercent un mandat apostolique, j’ai tenu à mener mon passage à l’Assemblée nationale comme un service civique. Honoré d’avoir été désigné par mes compatriotes comme étant leur représentant et leur porte-parole, je me suis défini comme étant le promoteur de leurs droits et le défenseur de leurs intérêts, à leur service à l’interface entre eux et l’État. Ce n’était pas du bidon quand je répétais : « Je suis le représentant de Saint-Jean à Québec et non pas celui de Québec à Saint-Jean. »
 
Je veux prendre quelques secondes ici pour témoigner de la formidable fonction publique qui est la nôtre. Comme dans tous les domaines, rien n’est parfait, mais je dois à la vérité de vous dire que les fonctionnaires et les professionnels de l’État que j’ai vus dans l’exercice de mes fonctions sont dans l’ensemble compétents, dédiés à leur responsabilité et que j’ai été édifié par leur engagement au service de notre collectivité. Je veux aussi aviver à votre souvenir Luc, Marie, Claudette, Suzanne et Michel, et les autres membres du personnel politique de notre État, ceux-là même sans qui un député n’est rien, en rappelant que ce sont d’abord des militants. Et bien sûr, je veux remercier tous les militants, ces femmes et ces hommes engagés qui font toute la différence. Tout ce beau monde, ce sont autant de patriotes.
 
Selon les endroits et les époques, l’appellation de « patriote » s’est traduite de diverses façons. Au Québec, le vocable ayant surtout été associé à ceux de la Rébellion de 1837-1838, le mot s’est encombré de connotations comme « victime », « héros » ou « martyr ». Distinguons. Poser un geste d’éclat ou de bravoure, c’est de l’héroïsme. Souffrir ou mourir pour une cause, c’est en devenir une victime ou un martyr. Cela n’est aussi du patriotisme que si le motif de l’acte ou la cause d’une telle souffrance s’inscrit dans une implication pour défendre ou promouvoir ses concitoyens ou sa patrie, parce que, une ou un patriote, c’est simplement quelqu’un comme vous et moi, une personne qui aime sa patrie d’un attachement sentimental ou politique, qui s’efforce de la bien servir, et qui prend les moyens de la défendre et de la promouvoir. Le patriotisme, c’est aimer les siens comme soi-même et s’engager selon ses talents à faire ce qu’il faut pour promouvoir et assurer leur mieux-être. Quelques uns seulement sont appelés par l’histoire à l’héroïsme ou au martyre, mais notre biologie nous convie tous au patriotisme.
 
Pour une Québécoise, pour un Québécois d’aujourd’hui, que signifie donc être patriote en 2015, en ce monde effervescent, en cette époque trouble où nous vivons? Pour vous en esquisser ma vision, j’adopterai le contexte où nos compatriotes autochtones situent leur appréhension de la réalité. Ils considèrent être les fiduciaires de la terre où ils vivent. Selon eux, l’état actuel de leur communauté est essentiellement la résultante du vécu des sept générations qui les ont précédés. En conséquence, au moment d’agir, ils préconisent de viser le meilleur intérêt des sept prochaines générations. Cela me semble pas mal raisonnable et plutôt sage. L’état actuel de notre monde ne découle-t-il pas des faits et gestes des humains des deux derniers siècles, la période qui a connu les arrière-grands-parents de nos arrière-grands-parents? Et notre façon de conduire notre vécu actuel n’aura-il pas des répercussions pour au moins 200 ans, jusqu’aux arrière-petits-enfants de nos arrière-petits-enfants?
 
À mes yeux, le patriotisme n’est pas un concept suranné et passéiste. C’est l’attitude responsable à adopter dans notre conduite des affaires du monde. Aujourd’hui, quelle est donc notre patrie, celle dont nous avons la responsabilité, celle à laquelle notre jeunesse peut s’identifier et qui peut la faire rêver, celle qui peut motiver notre enthousiasme collectif à la promouvoir et à la défendre? En tout respect pour les points de vue divergents, je vous expose ici mes pistes de réponse.
 
Premier constat : la Terre est un formidable vaisseau spatial complexe et sophistiqué, lancé dans l’univers en direction de Véga à une vitesse vertigineuse, et nanti d’une réserve limitée de ressources. Nous rêvons tous d’un voyage dans le cosmos? Eh bien! C’est ce que nous faisons en ce moment même. Notre planète, la seule dont nous disposions, est le cœur d’une biosphère où nous ne pouvons survivre que si nous en respectons les règles. J’aime ma magnifique planète. Le patriote veut protéger la nature et il exige que soit géré adéquatement ce dont nous sommes fiduciaires. Il préconise l’utilisation des ressources renouvelables, l’usage de produits biodégradables et la prise de décision en respect avec les conditions du développement durable. Il pense globalement et il agit localement.
 
Deuxième constat : le Village global est en train de s’organiser. Pour moi, ou bien on s’organise, ou bien on se fait organiser! Je crois aussi en la main invisible de l’économie, et je propose d’en contrôler le bras si on ne veut pas la recevoir en pleine gueule. L’internationalisation des échanges accompagnée de l’interpénétration des cultures et du réseautage virtuel mondial sont de puissantes caractéristiques de notre temps. Selon notre façon de les gérer, elles peuvent tout autant favoriser l’épanouissement des relations humaines que conduire à des désastres résultants de chocs culturels ou des injustices dues à l’appauvrissement de peuples entiers pour le bénéfice extravagant de quelques clans. Le patriote veut que les gouvernements représentent la volonté et l’intérêt de leurs mandants, et qu’ils aient préséance sur la finance et le capital. Il refuse de permettre que l’internationalisation ne se résume qu’à la globalisation d’un modèle unique, en occurrence, le modèle dominant actuel. Il exige que ce soit plutôt une véritable mondialisation à caractère humain, c’est à dire une cohabitation fraternelle de toutes les diverses cultures.
 
Troisième constat : la démocratie est un phénomène récent et fragile. L’humanité a environ 200 000 ans d’existence et il a fallu que 99% de cette période s’écoule avant que ses premières ébauches ne soient répertoriées. Le premier droit de vote un peu semblable à ce qu’on conçoit aujourd’hui remonte à un peu plus de 2000 ans, en Grèce. Première vraie république : San Marino en 300. Première limitation à l’arbitraire du souverain et première liberté individuelle officiellement reconnue (l’habeas corpus) : dans la Magna carta britannique de 1215. Premier véritable parlement : aussi à San Marino en 1243 (environ 30 000 habitants). Puis il y a environ sept générations, 1% de l’aventure humaine, les choses s’accélèrent :

droit d’être représenté lorsqu’on est taxé : Boston Tea Party (1773);

plus ancienne constitution écrite encore appliquée : celle des USA (Philadelphie, 1787);
premiers parlements modernes: fin du XVIIIe siècle (dont celui de Québec en 1792)
première description dans une charte des principes de « liberté, égalité et fraternité » : Paris (1789).
 
Pour la première charte internationale des droits et libertés, i.e. la Déclaration universelle des droits de l'Homme des Nations unies, aussi adoptée à Paris, il aura fallu attendre 1948 , huit ans après le début du droit de vote des femmes au Québec. Au regard de l’histoire, la démocratie n’en est qu’à ses balbutiements. Il est normal qu’elle connaisse de nombreuses imperfections. Devant ses failles, devant l’hommerie, le patriote ne se blase pas, il résiste au cynisme, il emploie ses énergies à la façonner et il la défend de toutes ses forces. D’abord, il va voter, bien sûr, mais surtout, il promeut ses institutions. Il est conscient que c’est à nos générations actuelles de faire en sorte que la démocratie s’épanouisse et qu’elle s’implante à demeure.
 
Quatrième constat : ces enjeux fondamentaux se discutent et se décident à « l’international », c’est à dire entre nations. Les peuples qui entendent teinter de leurs valeurs nationales les orientations qui sont prises mondialement, participent en tant que pays aux tables où se prennent les décisions. Or le Québec, riche et fertile territoire arpenté par un peuple façonné par sa nordicité, qui décrit en français les beautés de ses vastes paysages, et dont la culture sait ouvrir les portes pour partager ses horizons, notre État n’est pas un pays. Il n’est pas admis dans ces lieux décisionnels. Notre peuple métissé d’autochtones et d’allochtones réunis en une fraternité sans prétention, mais riche de son originalité et de ses valeurs humaines, interpellé par les réalités mondiales, fier des réalisations des siens dans tous les domaines, et capable « quoiqu’on dise et quoiqu’on fasse d’assumer pleinement son destin »
 
doit maintenant s’émanciper et exercer les responsabilités de son âge adulte. Nous sommes capables de promulguer des lois respectueuses des droits et libertés prévues par les grandes chartes, de lever des impôts décents pour engager correctement toutes nos ressources en fonction de nos besoins citoyens, de choisir nous-mêmes nos partenaires internationaux, de signer avec eux, et d’honorer par la suite, des ententes mutuellement avantageuses. Le Québec est le mieux placé pour parler en son propre nom là où ça compte. Il a plus que jamais le devoir de s’asseoir fraternellement avec les autres nations pour participer aux décisions portant sur la suite des choses. L’influence positive que nous avons exercée de façon responsable dans le développement du Canada, le temps est désormais venu de la déployer sans prétention, mais fermement, au sein des institutions mondiales. Le patriote travaille donc à l’indépendance du Québec.
 
Voilà une bonne part de mes convictions. Notre époque exaltante nous convie à des enjeux extraordinaires alors que le destin de notre monde est assurément à la croisée des chemins. Je suis optimiste, modérément mais résolument, parce que je nous sais assurément capables de relever ensemble les défis actuels.
 
Soyons constructif, soyons fraternels, et soyons heureux : soyons patriotiques quoi!
 
Merci encore.
Roger Paquin
 
«Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, le Québec est, aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement » Robert Bourassa, Premier ministre libéral, à l’Assemblée nationale du Québec, le 22 juin 1990. 
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